Au XIIe siècle, la croix occitane est la croix des comtes de Toulouse-marquis de Provence, la croix des comtes de Forcalquier et des comtes de Marseille ; elle devient ensuite la croix de Toulouse et de nombreuses villes depuis Fanjeaux (Aude) jusqu'à Marmande (Lot-et-Garonne) ; c'est aussi le symbole de plusieurs villes de Provence : Venasque, Gigondas ... Aux XIIIe ou XIVe siècle ont la retrouve dans des églises et abbayes de Barcelone au Limousin, de Saint-Jacques de Compostelle à Milan ou Florence. Elle figure sur des stèles du Lauragais ou de Poblet (Catalogne), sur des sarcophages.

Comme la croix de Pise, c'est une croix grecque pattée et "festonnée" (cléchée) entourée de douze boules ; la croix de Pise est pleine, la croix occitane, vidée, laisse apparaître la couleur du fond.

Les hypothèses sur l'origine de ce signe sont parfois complémentaires, parfois contradictoires ; les symboles qui lui ont été attachés au cours des siècles sont divers. La présence de douze pommettes peut suggérer une origine solaire mais il est difficile de confirmer cette hypothèse. En tout cas, on connaît des croix et des signes faisant référence au nombre douze depuis cinq millénaires.

Par la suite, religions et spiritualités ont accordé une grande place à la lumière et des figures telles que la roue en Inde, les croix chrétiennes, les rosaces ont pu jouer un rôle dans la naissance de la croix occitane. On peut citer les Coptes dont l'un des emblèmes est une croix tréflée ou trilobée et qui ont traversé la Méditerranée jusqu'en Provence. On peut aussi penser aux chrétiens chaldéens, en désaccord avec l'orthodoxie et qui se sont répandus du Moyen-Orient jusqu'en Inde et en Chine ; dans le Turkestan chinois, on trouve une croix du IXe siècle identique aux croix de Toulouse des XIIIe et XIVe siècles. Des historiens affirment que cette croix est parvenue dans le Toulousain grâce aux Wisigoths qui, venus des bords de la Mer Noire un fondé un royaume, d'Orléans à Gibraltar, avec Toulouse pour capitale. On peut se demander aussi si la croix occitane ne serait pas apparue sous l'influence de la croix de Pise qui figurait sur les étendards pisans lors de la conquête de la Sardaigne en 1017. A moins que cette croix n'ait été présente à Marseille vers l'an mille et n'ait influencé l'emblème de Pise.

Ces diverses hypothèses montrent qu'aux XIe et XIIe siècles les pays de langue d'oc étaient en relation étroite avec l'essentiel du monde connu à l'époque.

De nos jours, ce signe est un symbole utilisé de Bordeaux et Bayonne jusqu'à Nice et aux vallées italiennes, de Guéret jusqu'au Val d'Aran. Il est attaché à la langue et à la culture occitanes ; c'est un signe d'identité mais aussi d'ouverture aux autres, de tolérance, du vouloir vivre ensemble dans le respect des différences de chacun.

L’ouvrage de Raymond Ginouillac, « La croix occitane», édité par l’IEO du Tarn, présente les hypothèses sur son origine ; il montre comment ce signe était présent dès le XIIe siècle, aussi bien en Provence que dans le Toulousain.

Une troisième partie présente l’actualité de ce symbole : espace occitan, langue et culture, manifestations, publicité, arts, fêtes…

La seconde édition datant de novembre 2006 comporte 132 pages et près de 400 illustrations.

Le Centre Culturel Occitan de l’Albigeois a produit une exposition de 25 panneaux sur l’histoire et l’actualité de la croix occitane. Cette exposition est disponible en version française et en version occitane. Parallèlement, le C.C.O.A. prête une autre exposition de 110 croix peintes par Michel Averous extraites de ses mille et une variations sur la croix occitane.

Enfin, Raymond Ginouillac peut donner une conférence avec diaporama sur l’histoire de la croix occitane.

Contact:

Centre Culturel Occitan de l'Albigeois

Centre Occitan Rochegude 28 rue Rochegude – 81000 ALBI

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